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| Trois "Espada ancha", sabres coloniaux espagnols de la fin du XVIIIe ou du XIXe siècles Sur le forum Viking Swords. |
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| Louis Edouard Bouët, Comte de Willaumez |
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| Gravure peinte illustrant le traité. |
Blog anonyme sur l'escrime historique en général et sa version chorégraphiée en particulier. Il y aura des réflexions et des critiques en essayant d'être constructif.
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| Trois "Espada ancha", sabres coloniaux espagnols de la fin du XVIIIe ou du XIXe siècles Sur le forum Viking Swords. |
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| Louis Edouard Bouët, Comte de Willaumez |
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| Gravure peinte illustrant le traité. |
Dans mon précédent article sur les corsaires français, j'ai parlé des conditions juridiques de la course ainsi que de l'armement et des équipages. Il me reste cependant à récapituler l'histoire de la guerre de course en France et à parler des tactiques et de guerre de course qui ont existé durant toute cette période. Je vais donc tout d'abord faire un bref historique des corsaires français puis parler de la Grande course mais aussi de la petite course, moins bien connue.
Notons que je n'évoquerai pas l'épisode particulier de la Flibuste dans les Caraïbes, activité à mi chemin entre l'activité corsaire et la piraterie et surtout beaucoup moins encadrée juridiquement.
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| Jean-Baptiste Henri Durand-Brager- Combat de la corvette de Bordeaux, corsaire français La Dame-Ambert, contre la frégate anglaise Lily, le 15 juillet 1804 (2e quart 19e siècle) |
Nous avons des traces d'activité corsaire dans la Manche dés le Moyen-Âge et notamment durant la Guerre de Cent Ans. À cette époque beaucoup de petites îles ou petits ports pratiquaient la piraterie, le brigandage à terre ou se transformaient en naufrageurs. La distinction entre pirates et corsaires était alors on ne peut plus confuse. Néanmoins, très tôt, les souverains se sont mis à encadrer la course par une législation de plus en plus précise. Ainsi la plus ancienne lettre de marque aurait été attribuée par Philippe Auguste à Eustache le Moyne de Boulogne pour s'attaquer aux navires anglais en 1206 ; en 1373, une ordonnance Charles V donnait une forme légale au système de liquidation de prises.
Après une accalmie à la fin de la Guerre de Cent Ans le traité de Tordésillas, signé en 1498 entre les couronnes espagnoles et portugaises et interdisant l'accès aux Amériques à tout navire étranger vint relancer l'activité corsaire. Il faut ici citer l'armateur dieppois Jean Ango et son capitaine le plus célèbre, Jean Fleury qui attaqua les Espagnols à partir de 1516. En 1520 il attaqua Saint-Domingue mais son plus grand exploit fut la capture, en 1523, de deux des trois caravelles ramenant le trésor de l'empereur aztèque pillé par Cortès. Jean Fleury était alors à la tête d'une impressionnante flottille de 3 nefs et 5 galions. En 1522, un autre capitaine d'Ango, Jean Fain, captura 7 galions espagnols. Ces exploits ouvrirent la voie aux autres corsaires européens, privés eux-aussi de l'accès aux Amériques par les Espagnols.
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| Jean Ango, grans armateur dieppois, son épouse et leur fille Marie Ango en prière. Miniature des Heures Ango. (vers 1514) |
En 1568 commença la Guerre de Quatre-Vingts Ans où les Calvinistes hollandais se révoltèrent contre la domination des très catholiques rois espagnols. Les corsaires révoltés hollandais commencèrent alors à attaquer les navires espagnols dans l'Atlantique. Ils furent surnommés "les Gueux de mer" et furent souvent rejoints par des Protestants français ou anglais. Il faut dire que le monde des gens de mer avait été en grande partie converti à la religion réformée (jusqu'à un tiers de la ville de Dieppe au XVIe siècle par exemple), ce n'était d'ailleurs pas un hasard si un protestant comme Gaspard de Coligny fut amiral de France. La guerres de religion en France perturbèrent ces activités et après la mort d'Henri IV, Richelieu décida de mettre fin au pouvoir protestant en prenant la Rochelle (1627-1628). Néanmoins, durant l'essentiel du XVIIe siècle l'ennemi fut principalement espagnol puis, occasionnellement, hollandais ou anglais (surtout vers la fin du siècle).
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| Gravure représentant des Huguenots attaquant un navire catholique tiré de l'ouvrage Les horribles cruautés des huguenots (1587) |
Au milieu du XVIIe siècle d'importants changements s'opèrent dans la marine. C'est d'abord la distinction définitive entre navire marchands et navires de guerre qui s'opère avec une place de plus en plus prépondérante des canons sur l'abordage pour la guerre navale. Il n'est alors plus possible de transformer à peu de frais des navires marchands en navires de guerre d'où une augmentation conséquente du coût des navires. Notons que cette affirmation est beaucoup moins vraie pour les corsaires qui ont continué à utiliser certains navires civils rapides et manœuvrants autant que de petits navires de guerre. C'est aussi la naissance de politiques navales affirmées, d'abord en Angleterre avec Cromwell puis en France avec Mazarin puis Colbert, même si Richelieu avait déjà amorcé certaines choses. C'est là que ce met, par exemple, en place le système des classes.
Au niveau de la guerre de course il faut remarquer qu'en 1662 la ville de Dunkerque devient définitivement française (après avoir changé de souveraineté pendant vingt ans entre l'Espagne, la France et l'Angleterre). Avec cette acquisition le Royaume de France acquit une base corsaire de premier ordre avec tout le savoir-faire des Câpres ainsi qu'on appelait les corsaires de la ville. Le célèbre Jean Bart (1650-1702) était déjà issu d'une longue lignée de corsaires et armateurs. La situation de la ville, isolée pendant des décennies entre les Pays-Bas, l'Angleterre et la France avait fait de l'activité corsaire la principale source de revenus des marins locaux.
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| Vue de Dunkerque du côté de la mer - gravure de 1750 Les deux jetées déterminent un chenal creusé dans le sable de la plage et sans lequel les navires s'échoueraient. |
Durant toute la seconde moitié du XVIIe siècle et le XVIIIe siècle la guerre de course battit son plein au point que par une ordonnance de 1681, Colbert apporta de nouvelles précisions sur l'activité corsaire. L'ennemi fut surtout anglais ou hollandais et la guerre de course eut souvent la fonction de pallier la faiblesse de la flotte de guerre, la France s'avérant incapable de construire et d'armer autant de vaisseaux de guerre que ses ennemis. L'historien Patrick Villiers note cependant que le principal objectif de la France à cette époque était d'abord de préserver son commerce avec les colonies et que celui-ci ne s'arrêta pas malgré la supériorité navale de ses ennemis. L'attaque des marchands des pays en guerre se fit aussi bien dans la Manche et la Mer du Nord que dans l'Atlantique et les Caraïbes voire ailleurs dans le Monde.
Durant la Révolution française la guerre de course fut un temps remise en cause avant de repartit de plus belle contre les ennemis du pays. La Révolution et l'Empire ont vu les exploits de Surcouf et des corsaires malouins (mais aussi des corsaires du Nord de la France). Mais à partir des années 1807, les mesures importantes prises par la Royal Navy ont finit par rendre la course peu rentable, notamment en reprenant très souvent les navires capturés par les Français. La France n'arma ensuite plus de corsaires, seuls les navires de guerre de la Marine s'attaquaient aux marchands ennemis. Finalement, lors du traité de Paris, le 16 avril 1856, les grands pays européens renoncèrent à armer des corsaires et scellèrent la fin de la guerre de course privée. Car la guerre de course militaire se poursuivit, notamment avec l’utilisation des sous-marins.
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| Je remets ici l'un des plus grands exploits de Robert Surcouf dans l'Océan Indien Prise du Kent par la Confiance en 1800 (tableau d'Ambroise-Louis Garneray 1835) |
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| Une grosse frégate de 40 canons et une corvette plus petite Nicolas Marie Ozanne - Marine militaire, ou Recueil des differens vaisseaux qui servent A la guerre (1762) |
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| Bick ou brigantin, un navire de commerce rapide faisant un excellent corsaire Pierre-Jacob Gueroult du Pas - Recüeil des vuës de tous les differens bastimens de la mer Mediterranée et de l'Océan (1710) |
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| Ambroise-Louis Garneray Abordage du Triton par le Corsaire le Hasard (XIXe S.) (Notons que le peintre de marine A. Garneray a été un des membre de l'équipage de R.Surcouf) |
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| Bateaux de pêche au hareng de la Manche, on imagine que certains pouvaient être armés en course Pierre-Jacob Gueroult du Pas - Recüeil des vuës de tous les differens bastimens de la mer Mediterranée et de l'Océan (1710) |
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| Corvette servant à la guerre de course, à l'escorte de convois ou au commerce avec l'Amérique. Pierre-Jacob Gueroult du Pas - Recüeil des vuës de tous les differens bastimens de la mer Mediterranée et de l'Océan (1710) |
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| Extrait du journal de Jean Doublet racontant l'attaque d'un navire hollandais dans le port anglais de Saltach en 1688. |
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| Réplique du Renard, le dernier navire de Surcouf qu'il arma en 1813 (la réplique date de 1991) Photo prise par Remi Jouan (Wikimedia commons) |
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| Lettre de marque remise au capitaine Antoine BOLLO. Concédée le 27 Février 1809 à M. Dominique MALFINO de GENES, armateur du Furet, corsaire de 15 tonneaux. |
Pour commencer on doit expliquer quelques principes de la guerre de course et considérer les aspects légaux de celle-ci.
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| Jean Bart prend un corsaire saletin à la paix de 1678 (1806) Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado |
| Extrait d'une décision du Conseil des prises sous la Révolution Française Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France |
Dans un second temps nous allons nous intéresser aux hommes. Car on imagine facilement les corsaires comme des professionnels du pillage, vivant toute leur vie de cette activité sans se poser plus de questions que cela sur la viabilité de cette hypothèse. Vous vous doutez bien que la vérité était un peu plus compliquée...
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| Bombardement du port de Dieppe en 1694 |
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| Jean Bart, célèbre capitaine corsaire dunkerquois sous Louis XIV (gravure de 1786) collections du Rijksmuseum d'Amsterdam |
« Il arrive souvent qu’un capitaine lorsqu’il navigue sur son bien ou qu’il est intéressé dans un armement, dont surtout le voyage ne lui est pas profitable, se voyant engagé au retour de payer de gros salaires aux équipages, il chagrine et tourmente si fort ses matelots que, par ses mauvaises manières ou mauvais traitements ou par mauvaises nourritures, il les oblige à déserter et alors il profite de leur solde en entier sans être obligé d’en rien payer au trésorier des Invalides. »41 AN, Marine, B3 251, f° 167. Cité par Michel Aumont dans Les corsaires de Granville
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| Mousse anglais (1799) par Thomas Rowlandson © National Maritime Museum, Greenwich, London. |
« établit un écrivain dans un cabaret à l’une des fenêtres duquel on met un grand pavillon, ce qui s’appelle suivant l’usage des armateurs, le « foyeux », qui est l’enseigne pour faire connaître aux matelots qu’on fait des équipages et que ceux qui veulent s’engager peuvent y aller recevoir de l’argent sur la main ».AN, Marine, B3 55, f° 215. Cité par Michel Aumont dans Les corsaires de Granville
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| Un équipage dessiné par Louis Ducros dans l'album Voyage en Italie, en Sicile et à Malte, 1778 Collections du Rijksmuseum d'Amsterdam |
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| La série des John Wick, emblématique d'un nouveau courant ? |
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| Ronda Rousey, championne de MMA passée au catch (et au cinéma) projetant le catcheur Tripe H |
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| Cette arme (détail), qui apparaît sur une gravure pour la salle du 21 rue des Moineaux serait le fameux Biscaïen (la gravure est reproduite dans l'ouvrage de Michel Delahaye Savate, chausson et boxe française d'hier et d'aujourd'hui - 1994) |
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| Pomme de touline sur Wikimedia Commons |
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| La technique présentée dans le Traité de la perfection sur fait des armes de P.J. Girard (1736) |
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| La technique de rapière contre le fléau d'armes des sergents de ville par Michael Hundt (1611) Scan : Herzog August Bibliothek |
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| Dans cette situation un biscaïen serait très utile ! image tirée du jeu Assassin's Creed Black flag - Le prix de la liberté édité par Ubisoft |